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Entretien avec Arnaud Lagardère

Portrait d'Arnaud LagardèreVous avez annoncé pour 2007 un résultat opérationnel en hausse de 10%, à 636 millions d’euros. Au-delà de la performance, que traduit cette progression ?

Cette hausse est un signe fort et symbolique adressé à tous nos publics. L’année dernière, toutes nos branches d’activité ont dépassé nos prévisions.
Les entités Sport et Média ont été les véritables moteurs de croissance et ont dégagé des marges élevées. La branche Édition a fait preuve de solidité et la branche Presse a connu un net redressement.
C’est la démonstration que notre Groupe a su, une nouvelle fois, rester performant et créer de la valeur et ce, compte tenu de l’exposition de notre secteur d’activité et d’une économie mondiale en récession. Cette réussite est aussi celle des femmes et des hommes du groupe Lagardère à qui j’adresse ma reconnaissance.


Cela fait dix ans que vous êtes devenu cogérant du Groupe et cinq ans que vous le dirigez. Comment Lagardère s’est-il transformé durant cette période ?

En dix ans, j’ai réalisé la mutation complète du groupe Lagardère.
Hier, c’était un ensemble d’actifs hétéroclites. Aujourd’hui, c’est un groupe structuré en quatre branches d’activité : l’Édition, la Distribution, le Sport, et enfin la Presse et l’Audiovisuel, qui ont chacune pour point commun d’occuper une position leader sur les différents secteurs médias.
Ces dix dernières années, nous avons investi plus de 6,5 milliards d’euros dans les médias, avec les rachats d’une partie de l’édition de Vivendi Publishing et de Time Warner Book pour près de 2 milliards d’euros, l’acquisition de Sportfive dans le sport pour 860 millions et une prise de participation dans Canal+ France pour 1,5 milliard d’euros. Par ailleurs, nous avons dépensé quasiment 200 millions d’euros en acquérant des sociétés Internet. Dans le même temps, nous avons cédé des actifs non stratégiques ainsi que des actifs dont nous ne détenions pas le contrôle, pour environ 2,5 milliards d’euros.
Demain, parce que nous sommes un groupe familial et que nous avons une âme de bâtisseur, nous continuerons de consolider nos coeurs de métier et nous nous focaliserons plus particulièrement sur les droits exclusifs, les événements sportifs et les contenus exclusifs. Je poursuivrai le développement de Lagardère avec la confiance et la rigueur qui nous ont permis d’augmenter, chaque année depuis 10 ans, notre résultat opérationnel de 11,8 % en moyenne.


L’année écoulée a vu le rapprochement des activités Presse et Audiovisuel au sein de la branche Lagardère Active. Comment se porte ce nouvel ensemble ?

La convergence de nos métiers Presse, Audiovisuel, Numérique et Régie publicitaire, a permis à Lagardère Active de déployer sa transformation vers le numérique et vers une offre de contenus plurimédia. Un an après sa mise en oeuvre, les résultats devancent nos objectifs. La part du numérique dans le chiffre d’affaires global de Lagardère Active sera comprise, en 2008, entre 5 et 10 % or nous ne pensions atteindre cette fourchette qu’en 2009. Par ailleurs, la rationalisation des titres de presse permet à ce segment d’améliorer sa rentabilité. Je constate que Lagardère Active est en train d’apporter une réponse globale et créative aux nouveaux modes de consommation des médias.
Enfin, j’ai décidé de créer, début 2008, Lagardère Entertainment, filiale de Lagardère Active, qui regroupe nos activités de production et de distribution audiovisuelles et qui développera de nouvelles compétences dans les domaines des spectacles vivants, du management d’artistes et de la gestion de droits audiovisuels.
Pendant longtemps, nous n’avons pas investi dans la production audiovisuelle car nous n’avions pas tranché la question de savoir si nous voulions être diffuseur ou producteur. Aujourd’hui, nous avons penché pour la deuxième solution. Lagardère va donc participer au mouvement de concentration dans la production audiovisuelle pour en devenir un leader.


2007 distingue votre branche sport dont c’est la première année d’exercice.

En 2007, Lagardère Sports a procédé à d’importantes acquisitions et accords qui font de cette branche un acteur de référence de l’économie du sport.
Aujourd’hui, Lagardère Sports est l’entité la plus dynamique et la plus rentable avec une marge opérationnelle de 15 %. Il existe de très nombreux événements sportifs et de nombreux groupes à racheter. C’est pourquoi, ces prochaines années, Lagardère Sports va continuer de se diversifier avec pour objectif d’occuper la position de no 1.
Le sport et ses valeurs font partie de l’ADN de mon Groupe. Nous sommes et resterons plus que jamais engagés dans ce secteur à forte croissance.


Venons-en à Lagardère publishing, votre branche d’édition.

Le groupe Lagardère, via Lagardère Publishing, est désormais, le deuxième éditeur mondial et le premier en Europe.
Qu’est-ce que cela signifie ? Qu’après l’acquisition de Time Warner Book en 2006, Lagardère Publishing a poursuivi en 2007, une politique active d’acquisitions sur ses marchés d’implantation traditionnels. En deuxième lieu, que cela n’a pas freiné, bien au contraire, notre stratégie d’expansion géographique, notamment en Amérique Latine.


Dans le secteur de la distribution de produits et services de loisirs, vous opérez une réorientation stratégique. Quelle est-elle ?

Nous allons accélérer notre développement dans le commerce de détail en zones de transport. Les prévisions de croissance de ce marché sont très prometteuses du fait d’une hausse attendue du trafic de voyageurs pour les années à venir. Nous sommes déjà largement présents sur le segment du travel retail sur lequel, nous allons, en 2008, nous renforcer, notamment, en Europe de l’Est, en Asie et en Amérique du Sud.


Lagardère diminue progressivement sa participation dans EADS. Cela annonce t-il un désengagement total de votre Groupe ?

Nous avons pris, en 2005, la décision de céder graduellement la moitié de la participation du groupe Lagardère dans EADS. Nous sommes, actuellement, actionnaires à hauteur de 12,51 %. Telle est donc la réalité de notre présence dans EADS et la question d’un retrait définitif ne se pose pas. Par ailleurs, pour la première fois, nos comptes n’intègrent plus EADS. En outre, j’estime que le cours de l’action n’est pas là où il devrait être. Il existe un réel potentiel de hausse. Céder notre participation dans EADS ne serait donc pas aujourd’hui dans l’intérêt de nos actionnaires.


Arnaud Lagardère, en conclusion, que souhaitez-vous ajouter ?

Je peux dire avec satisfaction que nous accomplissons chaque jour un parcours intense et passionnant. Par la nature de nos activités, nous contribuons à l’épanouissement des femmes et des hommes qui s’informent et se divertissent au contact de nos médias. À travers la Fondation Jean-Luc Lagardère, notamment avec TeamLagardère et le Lagardère Paris Racing, nous nous battons pour le rayonnement sportif et culturel de la France.
Je continuerai à intensifier et à consolider ces engagements durant les prochaines années.



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